Kwaï! Bonjour!
J’espère que vous allez bien et vraiment bien avec les temps qui courent! Je ne vous ai pas écrit plutôt puisque j’étais super occupée (avec mon sixième court-métrage qui n’est malheureusement pas terminé) avant que le virus n’arrive à Montréal. Avec la pandémie qui frappe la planète, et bien je crois que c’est le temps de prendre le temps! Prendre le temps de vous écrire et vous partager comment je vis au travers de cette pandémie en tant qu’artiste, aînée et personne vulnérable vu ma condition respiratoire chronique!
Il y a quelques jours, la mairesse de Montréal déclarait Montréal en état d’urgence! Je vis dans le centre sud-ouest de Montréal et il est certain que je vis beaucoup d’anxiété face à cette crise. Je dois aller promener mon chien, faire mes commissions vu que je demeure seule. Vu mes allergies alimentaires, je dois me déplacer par métro pour aller chercher des aliments biologiques que je ne trouve pas près de chez-moi. Je vais aider mon amie qui va avoir soixante seize ans au mois d’avril en lui apportant de la nourriture. Ça me fait du bien de l’aider. Je suis une personne qui doit bouger et me confiner chez-moi, c’est plutôt difficile. Je nage souvent et là, plus de piscine. Donc on s’est fait un plan de match pour se voir sans se voir pour lui apporter sa nourriture. Je l’appelle avant que j’arrive à son building. Je l’attends dehors. Je transfère sa nourriture dans son panier. On se tient à un mètre de distance. On se dit à quel point on se manque et qu’on s’aime. On ne se touche pas. Et je m’en vais.
Je trouve ça difficile comme situation. Une situation inédite! J’essaie de comparer cette situation là comme quand on se sépare et quand on va chercher nos choses chez notre partenaire. On reste distant. On ne se parle pas beaucoup. On sépare les biens. On ne se touche pas! Et on s’en va. On se quitte! Mais là, c’est pas tout à fait ça.
Quand je vais faire les commissions et que je rentre chez-moi, je change de vêtements surtout mes pantalons, mon manteau. Je ne m’assois plus sur les bancs dans le métro et nul part ailleurs. Je ne sais pas si mes vêtements sont contaminés. Je fais plus attention depuis que mon médecin de famille m’a dit d’enlever et de changer tout mes vêtements lorsque je rentre à la maison.
Je me suis créée une routine pour me désinfecter ainsi que les objets que je touche à mon retour des commissions. C’est pas parfait mais c’est beaucoup mieux que jamais! Je ne faisais rien de ça avant aujourd’hui. C’est vrai, je ne pensais pas qu’on avait besoin d’agir de cette façon avant le virus. Par contre, et à bien y penser, ma nouvelle routine de désinfection fera partie de ma vie de tout les jours même après la pandémie. Comme ça, je serai toujours plus en paix avec moi-même. J’aurai moins peur et je serai plus consciente si j’ai ramené des virus et/ou des bactéries. J’attrape toujours des virus! Du rhume à la grippe! Ils dégénèrent mon système immunitaire et me provoquent une détresse respiratoire. La crise d’asthme s’installe et j’en ai pour des semaines voire des mois. En plus, je suis allergique à la majorité des antibiotiques. Donc, je dois me traiter avec mes pompes. Ma rhinite chronique allergique me fait beaucoup de tort. A cause d’elle, je tousse sans arrêt.
Avec ce fameux virus qui court, il est certain que lorsque je suis dehors, j’ai peur de l’attraper. J’essaie de ne pas me toucher le visage. C’est pas évident! Mais se sont ces petits gestes là qui vont me sauver. D’ailleurs, je ne devrais jamais toucher mon visage sans avoir les mains propres et lavées au savon pendant vingt secondes. Se trouver à un mètre de distance à Montréal c’est presque impossible. Vu que je suis vieille, et bien les gens, en général, se foutent pas mal de nous et je trouve ça plutôt triste. Mais je savais qu’un jour je le vivrais ce temps où l’on se fait tasser dans un coin parce qu’on est vieux et pas intéressants. Je me dis que leur tour viendra à ces personnes et ils seront repoussés à leur tour!
Je ne cesse de me répéter « Un jour à la fois »! Cette situation me ramène à me rappeler mes étapes que je dois suivre pour ma dépendance. Je dois vivre mes étapes. Consommer ne me tente pas. J’essaie de remercier ce Dieu d’amour avec qui je parle sans arrêt à tout les jours et qui me donne et qui m’a toujours donné ce dont j’ai besoin et ce à chaque jour de ma vie. Je n’ai jamais manqué de rien! Je vis modestement.
Prenez soin de vous et des autres! Et je vous dis cette fois-ci « À bientôt »!

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